Je dédie donc les vers qui suivent — de ma propre facture s’il était besoin de le préciser —, à mes éventuels détracteurs, afin que leurs navrantes diatribes, si elles ne déclenchent pas l’enthousiasme des foules, ne se heurtent néanmoins pas à un mur d’indifférence glaciale. Aider son prochain, telle devrait être la détermination de chacun. Il convient donc de montrer l’exemple et je m’y attèle avec d’autant plus d’enthousiasme que la charité m’importe beaucoup. D’aucuns y verront une provocation supplémentaire de ma part ; je les ignore. Je préfère m’adresser à la clairvoyance des plus avisés qui reconnaîtront dans cette authentique preuve de tact, la marque d’un esprit illuminé (là aussi il y a double sens, mais je ne doute pas que tu auras rectifié de toi-même).
Si, comme je le pressens, tu te réclames de la deuxième catégorie, alors nous sommes quittes ; je t’ai régalé de mon enthousiasme, tu m’as comblé de ton discernement. Je te dispense donc de mon poème, tu es libre de t’envoler jusqu’au mot « Fin ». Au revoir.
Par contre, si l’envie de me tancer persiste vivace en ton for intérieur, souffre encore que mon verbe venimeux t’escorte jusqu’au bout de ce pénible
pensum, par l’entremise de ces modestes alexandrins mûrement façonnés.
Comment ! encore là !
Tu t’entêtes ? tu t’acharnes, même ? tu ne me crois pas capable de mettre à exécution mes menaces ?
Très bien.
Je te prie alors, cher obstiné, de bien vouloir croire par avance au témoignage sincère de ma commisération distinguée et te souhaite une bonne lecture.