Scrupules. Que ce mot soit à jamais banni de mon vocabulaire ! Le prononcer, c’est déjà s’écorcher le palais. Une sonorité calamiteuse qu’une prosodie trop énergique transforme, inéluctablement, en une expectoration inélégante ponctuée d’une gerbe postillonnante. À croire que le petit caillou niché dans la sandale a choisi d’élire domicile au fond de la gorge. Et que dire de sa proximité phonétique avec « pustule », qui condamne sans appel toute entreprise de réhabilitation sémantique !
Ô combien de mélopées subiraient les pires outrages, si la fine fleur de la poésie s’entichait de cette ignominie syllabique ! Car enfin, je vous prends à témoin, Ronsard n’eût-il pas été mal inspiré, si d’aventure il avait opté pour un « Mignonne, allons voir si le scrupule... » du plus mauvais effet ?
Hypothéquer une gloire posthume tient à peu de chose !
Tout concourt à détester ce mot, et pourtant je dois le concéder, j’AVAIS des scrupules. J’avais des scrupules à dévoiler le fruit laborieux de mes divagations insomniaques. Voilà où mène une incommensurable modestie doublée d’une confiance en soi lilliputienne. Mais une fois n’est pas coutume, le scrupule eut ses limites que la raison dépassa. Aussi, ai-je choisi de me jeter à l’eau et de faire d’une pierre deux ricochets : allier mon savoir-faire informatique à mon inexpérience littéraire.
Joli programme !
À l’heure des autoroutes de l’information, quelle meilleure idée que de consacrer un site internet à la promotion de son roman ; ou plutôt devrais-je dire, de son romanoveton®. Derrière cet affreux néologisme se cache un nouveau genre littéraire, un procédé d’écriture d’une portée inégalée à ce jour. Une innovation qui relègue au rang de nucleus littéraire la tentative désespérée du nouveau roman de renouer avec l’originalité.
« Mais, ça n’a ni queue ni tête ! me direz-vous. Qu’est-ce au juste ? une galéjade ?
— Non, Sire ! c’est un gallicisme. »
Loin de moi l’idée de vous mystifier. Le romanoveton (romanouveton dans sa déclinaison méridionale) existe bel et bien, puisque je l’ai inventé. Il m’apparut comme l’unique réponse possible à ce dilemme insoutenable qui tortura des générations entières d’écrivains : comment renouveler une sémiotique narrative emprisonnée dans la conventionalité d’un schéma quinaire poussiéreux, sans pour autant dérouter le lecteur ?
Insoutenable, non ?
L’abîme triomphant reste donc une œuvre inclassable puisque pénétrée des concepts novateurs d’un romanoveton dont elle a su admirablement tirer profit, au point d’en acquérir, d’emblée, le statut enviable d’archétype du genre. Les vocations naissantes, qui ne manqueront pas d’être suscitées, trouveront dans L’abîme triomphant une précieuse référence à laquelle arrimer leurs novices aspirations balbutiantes, car sa structure originale ne doit pas laisser oublier l’inhérente complexité caractérisant ce genre littéraire, auquel nous prédisons, sans prétentions, un succès considérable.
Ne perdez plus une seconde et plongez, avec délice, dans la lecture des quelques extraits de ce livre que l’auteur soumet à votre jugement éclairé. Et de grâce, que vous aimiez, que vous détestiez, faites-le savoir à l’auteur (Livre d’or, suggestions, mail), qui languit d’ennui dans la solitude de ses mots qui semblent sonner creux. Et mieux encore, devenez membre de ce site et obtenez en retour des avantages étourdissants !